Chanson Spectacles

Dominique A refait le monde
à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours

Dominique A à Joué-lès-Tour (Photo Jérôme Bonnet)

Il mène sa carrière sans entendre les sirènes de la promotion. Il s’appelle Dominique A, manie la poésie utile avec délicatesse et invite le public à le suivre autour de son monde le 7 décembre 2022 à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours.

Dominique A à l'Espace Malraux de Joué-lès-Tours
Dominique A, la force tranquille du poète. (Photo Jérôme Bonnet)

Pour ceux qui ne le connaissaient pas, la rencontre avec Dominique A réserve des surprises. Carrure haltérophilique, crâne déserté et menton volontaire, l’homme inspire le respect. Mais que l’on ferme les yeux et la voix reste celle du débutant (chevelu, lui), délicate, jamais forcée, légère : « Mon corps était comme un démenti de ma proposition artistique et ça n’a fait que se renforcer avec les années. Pour certains, Dominique A, c’est le mec qui fait des disques de chochotte mais qui envoie du bois sur scène ! Et ça me fait chier.» (Télérama)

La parole est claire, les paroles distinctes comme au temps du Twenty-two bar, qu’il chantait avec Françoiz Breut et qui l’a conduit aux Victoires de la musique en 1996, presque contre son gré ! « Je n’étais pas prêt, je sentais qu’on voulait faire de moi un chanteur de pop inoffensif, je freinais des quatre fers. » dit-il dans sa bio.

Coup de frein et virage sur l’aile. Dominique A tourne le dos à la télé, à la promo lessivière et emprunte un chemin tracé par d’autres discrets, Arno ou Gérard Manset – lequel a poussé le principe jusqu’à ne pas faire de concerts, dommage –, pour ne citer qu’eux.

Cela ne l’empêchera pas, comme écrivent les Inrocks, de devenir un « chanteur majuscule ». Et de se faire un public de fidèles, et de vendre des albums, et de remplir les salles comme, sans aucun doute, celle de l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours, propulsé là par Le Temps Machine le 7 décembre 2022.

Éco-anxiété

Pour son dernier album, le poète regarde le monde, s’inquiète de son avenir (celui du monde et le sien, accessoirement) et dit, toujours en douceur, ce que France-Info appelle son « éco-anxiété »  : « Le fait de laisser l’époque m’imprégner, c’est quelque chose qui est venu avec les années. Mais je ne me vois pas ne pas en parler, ça m’inquiète comme beaucoup de gens. Et cette inquiétude contamine l’écriture. »

Pour ceux qui ont suivi Dominique A depuis ses débuts, ce 14e album, intitulé Le Monde réel, est un nouveau tournant. D’abord parce que Dominique A laisse les instruments de côté pour n’être que chanteur. Bien entouré, cela dit : « J’aimais l’idée que le groupe s’installe au fur et à mesure des minutes, j’avais envie d’une rythmique talk talkienne, très jazz pop. L’intelligence du batteur Étienne Bonhomme et du contrebassiste Sébastien Boisseau, qui n’avait pourtant jamais enregistré de chansons, a fonctionné à merveille. » dit-il aux Inrockuptibles.

À hauteur d’homme

Plus libéré, plus que jamais « chanteur à voix sans voix » (c’est lui qui le dit à Télérama), contemplatif mais toujours poète (comme souvent, il sort parallèlement à son album un livre de poèmes, Le Présent impossible), Dominique A emportera sur scène ce que les spécialistes considèrent comme son plus beau disque : « Explorant notre planète à hauteur d’homme, Dominique A compose dans son nouvel album Le Monde réel une symphonie de la terre. » (La Croix)

Dominique A à l'Espace Malraux de Joué-lès-Tours
Regard vers le monde réelle (Photo Jérôme Bonnet)

Ensuite parce que « on sent ce nouvel opus très préoccupé de sujets ultra-contemporains, la crise écologique en premier lieu, un sujet plutôt inattendu quand on connaît les chansons de Dominique A, qui réussit à en faire un objet poétique puissant. » (France Culture).

Enfin parce que le choix musical effectué et le travail qui en a découlé (vingt-cinq jours d’enregistrement, beaucoup plus que la norme) est étonnant et réussi : « Il y a du Debussy dans les arrangements, mais aussi des sonorités qui font penser à de la musique liturgique ancienne : de l’orgue, des accords de choral baroque. » (France Culture) C’est vrai que Dominique A s’est délà produit avec un orchestre symphonique…

Reste le thème, qui pourrait rebuter. Rien à craindre, la qualité de l’écriture de Dominique A rend le message aussi délicat qu’une lettre d’amour, ce qu’il est, d’ailleurs : « Inquiet dans son propos mais apaisé dans la façon de l’exprimer. Un disque qui de l’inquiétude fait un lit dans lequel se plonger pour affronter certaines appréhensions. Pour en sortir plus apaisé. Parce que sur la fin, ça se dénoue un peu quand même. On part sur autre chose. Une éclaircie ? » dit-il à propos de son album. (Télérama)

Gageons qu’il y aura beaucoup de monde à le suivre sur ces nouveaux chemins, pour entendre le Dernier appel de la forêt.

À l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours (Indre & Loire) le mercredi 7 décembre 2022 à 19h30.

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