35e Nuit des Studio
Insomnie sur grand écran

C’est l’une des soirées les plus dingues de l’année pour les amateurs de cinéma tourangeaux. Quinze films à s’envoyer d’affilée derrière la rétine. Pour cinéphiles insomniaques uniquement, c’est la 35e Nuit des Studio, et c’est le 25 mai 2019.

La Nuit des Studio Tours
Mulholland Drive de David Lynch. Plongée dans un univers qui n’existe peut-être pas. (Photo Universal Pictures)

Il faut être atteint de boulimie pelliculaire aiguë pour y participer. La Nuit des Studio, c’est un moment pour cinéphile enragé dans une ambiance de kermesse bon enfant. On carbure à la péloche et au casse-croûte, on entre les mains vides et on repart avec des valises (sous les yeux) direction le paddock pour cause d’insomnie assumée. Bref, on s’en met plein le globe oculaire et l’on est content. C’est pour ça que l’OCBI (Objet Cinéphilique Bien Identifié) dure depuis trente-cinq ans et n’a pas l’intention de s’arrêter là.

Pour l’édition 2019, les Studios ont servi un menu particulièrement varié, plus dans le genre macédoine que tartine. On y versera une larme nostalgique devant un vieux Ettore Scola, déjà vu lors de nos années lycées, comme on serrera les globes fessiers pour ne pas fuir en pleine Battle Royale ou devant un pneu un peu trop gonflé.

Mais on pourra aussi souffler avec Blancanieves (une noire et blanche neige) ou devant le rouge d’une tortue animée. Sans négliger un peu de rire avec le Grand Budapest Hotel, un saut dans le temps pour apprendre à mal se conduire – mais avec élégance – grâce à Sacha Guitry, ou un coup de chapeau à M. Lynch via son extraordinaire Mullholand Drive.

On en passe, évidemment, et ils ne sont pas meilleurs puisque toute la programmation est géniale. Générique, ci-dessous.

Tous les films (communiqué) :

Affreux, sales et méchants (Italie) – 1976 – d’Ettore Scola Famille, je vous hais ! Tous les coups sont permis dans cette comédie politique, tout autant grotesque que grinçante et engagée. On vous aura prévenus !

Battle Royale (Japon) – 2000 – de Kinji Fukasaku Sur une île, des élèves vont participer à un jeu de massacre durant trois jours. Seul le dernier survivant rentrera chez lui… Un film coup de poing, une expérience à vivre.

Blade Runner avec accord parental (USA/Hong Kong) – 1982 – de Ridley Scott Dans un Los Angeles futuriste, Harrison Ford reprend du service pour traquer un groupe d’androïdes… Plus qu’un film devenu culte, un véritable questionnement sur notre humanité.

Blancanieves (Espagne/Belgique/France) – 2012 – de Pablo Berger C’est « Blanche Neige » revisité à la sauce espagnole, avec nains toréadors, flamenco, corrida… Un conte de fée en noir et blanc, sans dialogues, beau et cruel !

Nuit des Studio Tours cinéma Festival
Blancanieves : des nains très olé, olé ! (Photo DR)

Festen (Danemark) – 1998 – de Thomas Vinterberg À la table festive des 60 ans du patriarche, le fils aîné prend la parole et révèle de terribles secrets… Festen, émotionnellement puissant, avance avec audace sur le fil des extrêmes.

Holy Motors (France/Allemagne) – 2012 – de Leos Carax À l’arrière de sa limousine, M. Oscar, le prodigieux Denis Lavant, change de déguisement pour neuf étranges rendez-vous dans Paris… Carax livre ici une œuvre excessive, d’une intensité renversante.

Nuit des Studio Tours cinéma Festival
La Tortue rouge, ou la vie sublime de Robinson. (Photo DR)

La Tortue rouge (France/Belgique/Japon) – 2016 – Animation de Michaël Dudok de Wit Un naufragé sur une île déserte est confronté à une nature pleine de mystères… Un conte silencieux, d’une beauté profondément touchante, une magnifique leçon de vie.

Le Roman d’un tricheur (France) – 1936 – de Sacha Guitry Comment devenir riche en dix leçons… Guitry nous envoie dans un univers où il n’est pas nécessaire de s’encombrer de la morale !

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Sacha Guitry à (re)découvrir, l’élégance parfaite (Le Roman d’un tricheur, photo DR)

Miracle en Alabama (USA) – 1962 – d’Arthur Penn Le long chemin d’une institutrice spécialisée et d’une fillette sourde et aveugle… Tension, paroxysmes et vérité dont on ne sort pas indemne.

Mulholland Drive (USA) – 2001 – de David Lynch Une route mythique : Mulholland Drive, une apprentie star, des personnages entre sunlight et cauchemar. Une histoire d’amour dans une cité de rêve selon Lynch lui-même.

Phantom of the paradise (USA) – 1974 – de Brian De Palma Le thème de Faust revisité pour notre plus grand bonheur ! La vengeance est un plat qui se mange froid. De Palma joue rarement dans la dentelle. À (re)voir avec jubilation.

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Rubber, lorsque la police fait tout ce qu’elle pneu… (Photo DR)

Rubber (France/Angola) – 2010 – de Quentin Dupieux Comment résumer un OFNI (objet filmé non identifié) ? Inclassable ! Imaginez juste un désert américain, un pneu psychopathe… Ne bougez plus ou plutôt si : fuyez ! Rubber est à vos trousses.

Scream (USA) – 1996 – de Wes Craven Qui se cache derrière ce masque devenu cultissime ? Un scénario et une mise en scène ciselés magistralement. Méfiez-vous ! L’assassin sera peut-être dans la salle.

‘71 (Royaume-Uni) – 2014 – de Yann Demange Belfast, un soldat coupé de son régiment. I.R.A, I.R.A pas ? Un film haletant qui prend aux tripes dès la première seconde pour ne plus vous lâcher.

The Grand Budapest Hotel (USA/Allemagne) – 1976 – de Wes Anderson Les tribulations loufoques de Monsieur Gustave… L’excentricité acidulée de Wes Anderson est à son comble dans cette enquête au cœur de l’entre-deux guerres. Un film d’aventures pétillant

Les Pass sont en vente à partir du 24 avril 2019 à l’accueil des Studio

Samedi 25 mai de 18 heures à l’aube