Dernière mise à jour le 29 avril 2019
La tournée de la comédie musicale Priscilla, folle du désert n’aura pas lieu. Le bus rose ne quittera pas Paris, « faute d’avoir trouvé son public » en province, disent les producteurs. Autrement dit, faute de réservations. Il devait s’arrêter à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours le 16 mars 2019.
C’est surprenant et d’autant plus dommage que Priscilla avait obtenu plusieurs récompenses. Étonnant aussi de constater que le thème – un autre regard sur l’homophobie, traité avec humour – n’ait pas accroché à une époque où la question est quotidiennement d’actualité.
Le communiqué de la production :
En raison de la complexité technique du spectacle, d’une conjoncture sociale et économique défavorable, cette comédie musicale qui a remporté les prix de l’Etoile de la Comédie Musicale de l’année (Le Parisien), le Globe de Cristal de la meilleure comédie musicale, le Trophée de la meilleure comédie musicale (Trophée de la Comédie Musicale) et une nomination aux Molières, souffre de ne pas rencontrer son public en province, nous sommes donc aux regrets d’annoncer l’annulation de la tournée Priscilla folle du désert – La Comédie musicale.
Ce spectacle a été une formidable aventure pour l’ensemble des équipes artistiques et techniques durant + de 150 représentations au Casino de Paris.
Nous les saluons une nouvelle fois, comme nous saluons l’ensemble des spectateurs venus maintes et maintes fois à leur rencontre.
Les billets sont remboursables dès à présent et jusqu’au 15 mai 2019, dans tous les points de vente où ils ont été achetés.
Et l’article, tel que nous l’avions publié :
Ce fut un film, devenu culte, où l’on voyait Terence Stamp casser son image de playboy pour se déguiser en drag-queen. C’est aujourd’hui une comédie musicale à succès. Priscilla, folle du désert (c’est le nom… du bus) fera étape à l’Espace Malraux.
Les bus ont la cote depuis quelque temps, sans qu’Emmanuel Macron y soit pour quoi que ce soit. Après celui de Barhati, sorti des rues de Bombay, c’est un engin d’origine suédoise et naturalisé australien qui entre en scène.
Une bécane mythique depuis 1994, lorsque Terence Stamp en prenait le volant. Baptisée Priscilla, folle du désert, elle devait emmener à travers l’Australie profonde un trio rassemblant drag-queen, transgenre et gay. Pas évident à porter à l’écran, en un temps où la communauté LGBT rasait les murs et où le mariage pour tous n’était pas même imaginable…
Un bus dans le bush
Mais Terence Stamp, interprète de Pasolini et de Joseph Losey, à l’époque plus vu comme un tombeur impénitent que comme un comédien sérieux, n’a peur de rien. Ni de jouer avec les plus grands, ni de casser son image en enfilant le costume d’une drag-queen. Et il a raison. Sans être un immense succès, le film de Stephan Elliott a bien marché. À juste titre.
Devenu comédie musicale, Priscilla, folle du désert suit le même chemin. Installé – et prolongé – au Casino de Paris, nominé aux Molières 2018, récompensé aux Globes de Cristal, le spectacle fait l’unanimité. Les textes sont drôles et ciselés, les costumes sidérants, les chorégraphies réussies et la mise en scène délirante. Bref, un chouette cocktail, servi avec plumes et paillettes, sans oublier que la bande originale utilisait un paquet de tubes de l’époque, où l’on retrouvait Abba ou encore Gloria Gaynor. De quoi mettre l’ambiance…
Petit rappel du scénario (puisque la comédie musicale est totalement fidèle au film) : Miss Mitzi, drag-queen, emmène son spectacle vers un casino perdu au fond du désert australien. Il achète un bus (rose) à des Suédois et embarque avec une transgenre récemment veuve, Bernadette Bassenger, et Adam, alias Felicia Jollygoodfellow, un jeune gay extraverti et un brin casse-pied.
Il va de soi que l’atmosphère en plein bush est quelque peu différente de celle de la ville. Le face-à-face avec les locaux d’Ayers Rock sera… surprenant.


