En 2021, c’est Carmen qui respirera
l’air de la campagne à Sanxay

Dernière mise à jour le 30 août 2021

Depuis plus de vingt ans, elles amènent l’opéra, art métropolitain s’il en fut, à la campagne. Ce sont les Soirées lyriques de Sanxay (dans la Vienne). Installées dans des ruines gallo-romaines, elles font rimer lyrique et bucolique et c’est bien.

Le Barbier de Séville a dû fermer boutique en 2020. Dommage, mais les Soirées lyriques de Sanxay ne quittent pas l’Espagne. Pour l’édition 2021 c’est Carmen qui sera en scène, les 10, 12 et 14 août. ¡Olé !

Soirées lyriques de Sanxay 2020
L’opéra ? C’est juste en-dessous. (Photo DR)

Certes, les décors ne sont pas ceux du Metropolitan, l’acoustique n’est pas celle d’Orange, le site n’est pas Vérone et les distributions ne rivalisent pas (toujours) avec la Scala. Mais les Soirées lyriques de Sanxay méritent néanmoins de grands bravos et un généreux coup de chapeau.

Depuis vingt-et-un ans, elles font venir dans le fin fond de la Vienne les plus grands opéras, dans une présentation digne de respect. Une balade qui exige un bon GPS pour trouver son fauteuil et une météo favorable mais une équipe dont l’enthousiasme fait plaisir.

Soirées lyriques de Sanxay 2020
Aïda à Sanxay ? Pourquoi pas ? Le metteur en scène, Jean-Christophe Mast, sera le même pour Carmen. (Photo DR)

Une équipe qui n’a peur de rien. Alors que les plus grandes scènes hésitent à monter Norma de Bellini, la prêtresse gauloise était à Sanxay en 2010. En 2014, les Soirées lyriques s’offraient le spectaculaire Nabucco de Verdi et, pour la dernière édition, c’était carrément Aïda, avec tambours et trompettes.

Si le village de Sanxay n’affiche que six-cents habitants, un tiers participe à l’organisation du festival pour accueillir quelque dix-mille spectateurs chaque saison. Qui dit mieux ?

Sanxay, ville espagnole

Puisque la boutique du Barbier de Séville a dû rester close en 2020 pour cause de virus décoiffant, l’édition 2021, qui aura lieu les 10, 12 et 14 août, invite monsieur Bizet et sa copine Carmen à visiter les ruines locales, ce qui induit une soirée tonique eu égard au caractère de la titulaire du rôle-titre. 

Carmen, ce sera Ketevan Kemoklidze. Un nom qui n’a rien d’andalou, certes, puisque la mezzo-soprano est née à Tbilissi en Géorgie. Les amateurs de lyrique français l’ont entendu à l’Opéra d’Avignon où elle fut Seymour dans Anne Boleyn de Donizetti. Mais elle a déjà endossé des rôles espagnols puisqu’elle a chanté Le Barbier de Séville et, évidemment, Carmen.

Initialement destinée à une carrière dans les relations économiques internationales, la chanteuse a rencontré le destin lorsqu’elle a remporté le prix Zarzuela, en 2008, lors de la 16e édition du concours Opéralia de Placido Domingo, à Québec. Ce ne fut que le premier d’un série flatteuse.

Ketevan Kemoklidze (Interprète) | Opera Online - Le site des amateurs d'art  lyriqueKetevan Kemoklidze, une Carmen venue du froid, ce qui n’enlève rien à son tempérament de feu. (Photo DR)

Quant à Carmen, que Ketevan Kemoklidze a chanté un peu partout dans le monde, ce ne fut pas son premier choix : « J’avais peur de me retrouver prisonnière de ce personnage. Je voulais expérimenter d’autres rôles et me bâtir un répertoire. » (Le Journal de Québec)

Qui dit Carmen dit Don José. Ce sera Azer Zada, ténor vu d’Azerbaïdjan, que les habitués de Sanxay ont déjà entendu dans Tosca.

Adriana Gonzalez - Agence Massis Opéra

Adriana Gonzalez, une Micaela à la personnalité d’acier
et à la tendresse infinie. (Photo DR)

Micaela sera Adriana Gonzalez, également récompensée au prix Zarzuela. La Guatémaltèque a été membre de de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris. Elle a déjà été Micaela, notamment à l’Opéra de Vienne.

La direction de l’orchestre sera confiée à Roberto Rizzi-Brignoli, Directeur Musical du Teatro Municipal de Santiago du Chili et du Santiago Philharmonic Orchestra depuis janvier 2020, il commença sa carrière sous les auspices de Riccardo Mutti, ce qui est déjà un bon début. Il profitera de son passage en France pour se rendre, après Sanxay, à Toulouse où l’attend La Gioconda dans un mise en scène d’Olivier Py, au Capitole.

Celle de Carmen sera confié à Jean-Christophe Mast qui a déjà travaillé sur la scène de Sanxay pour AÏda. Jean-Christophe Mast a débuté et travaillé avec Antoine Bourseiller. Les Tourangeaux ont pu apprécier son travail puisqu’il a mis en scène un Macbeth, créé à Nancy avant d’être repris à Tours.

Il n’est pas certain qu’il faille résumer l’argument de Carmen, la belle cigarière. Au cas où, disons que la demoiselle est l’ancètre des femmes libérées, qu’elle mène ses amours comme elle veut et ses amants par le bout du nez. Le beau militaire Don José y perdra sa fiancée et son uniforme avant de ne pas accepter que sa belle se soit tournée vers Escamillo, le torero (chez Bizet, on dit « toreador » mais le mot n’existe pas en espagnol…). Tout ça devrait mal finir mais c’est la destinée de la plupart des héros d’opéra.

Il fera donc bon pousser cet été jusque dans la vallée de la Vonne (qui arrose Sanxay) pour respirer l’air de Séville, sans franchissement de Pyrénées. Pas de paella à l’arrivée mais de bons vieux (façon de parler) sandwiches produits sur place. Les Soirées lyriques de Sanxay sont aussi une partie de campagne.

Pour en savoir plus, il suffit d’aller sur le site des Soirées lyriques de Sanxay ICI