Seconde chance en avril
pour Fabrice Éboué à l’Espace Malraux

Photo John Waxxx

Il a été chanteur (de rap), il est cinéaste, acteur, auteur (raté) mais, surtout, comique. Fabrice Éboué jouera à guichet fermé le 8 novembre au Grand Théâtre. Mais CheyenneProd lui donne une seconde chance : il reviendra à l’Espace Malraux le 24 avril 2019. 

Fabrice Éboué a des relations. Quand il est bloqué dans les embouteillages parisiens, il fait une vidéo. Et comme son coup de gueule est vu un million de fois, il y a un grand communicant de la mairie qui prévient Anne Hidalgo (maire de Paris, pour ceux qui ne voyagent pas). En politique, il n’y a pas de petits profits. La dame répond sur le ton de l’humour, en invitant Fabrice à découvrir le site de la RATP (les transports parisiens, pour ceux qui ne voyagent pas en métro).

Fatale erreur. Vouloir se servir des armes des autres, c’est le meilleur moyen de se tirer une balle dans le pied. Réponse de Fabrice Éboué : « Maintenant que nous sommes réconciliés, serait-il possible de trouver une place en crèche pour mon fils ? Nous galérons depuis deux ans ! Je sais que vous êtes très occupée avec votre nouveau projet de parc pour nudistes à Paris, mais comprenez ô combien je préférerais que mon enfant croise une puéricultrice avant un pénis. » L’humour est une bombe à fragmentation… Surtout quand on s’adresse à quelqu’un qui n’a « rien à perdre » (le titre de son spectacle).

Blessé de naguère

Plutôt que de s’intéresser à la dilatation de la rate de ses contemporains, Fabrice aurait dû être toubib, comme son papa, sa sœur et son frère. Pas l’idéal pour se faire remarquer des autres, son obsession d’ado (il n’est pas le seul) : « Quand on parle entre comiques, on le sait, c’est une blessure d’enfance, une envie de plaire, d’avoir tous les regards sur soi » dit-il à propos de son choix de vie. L’humour n’est pas sa première tentative. Fabrice à chanté dans des groupes de rock et de rap (le « célèbre » Club Splifton), sous le nom de M. Faf, et écrit des livres jamais publiés avant de choisir sa voie.

Sa – courte – expérience de la vie scolaire lui a ouvert les yeux : « On s’aperçoit vite que quand on amuse, on plaît. Et, petit à petit, on développe ce sens de la repartie et de la vanne. » (Paris-Match) Ou encore : « On croise rarement des gens qui sont très beaux et qui sont drôles parce qu’ils n’ont pas eu besoin de développer cette arme de séduction. » (Europe 1)

Le rire du crocodile

Passages chez Jamel, chez Fogiel, chez Ruquier… Il accroche bien. Ses one-man-shows aussi. Et il se découvre un goût pour la mise en scène de cinéma. Ce seront Case départ, Le Crocodile du Botswanga et Coexister.

Sur scène Fabrice Éboué est dans la lignée à la mode : le coup de gueule. Avec une règle, « Rions de tout, même de ce qui nous concerne. ». Pas de limites, donc, puisqu’on parle aussi bien des attentats que des retraités qui ne supportent plus les Arabes et partent… à Marrakech. Sa particularité ? Une décontraction permanente, une autocritique sincère et une sympathie communicative qui donne l’impression d’être en train de blaguer avec un pote au café du coin (qu’il fréquente parfois avec son public, d’ailleurs).

Le spectacle s’appelle Plus rien à perdre. Ce qui signifie qu’après avoir été nominé aux Molières, on peut prendre tous les risques ? Peut-être, mais Fabrice Éboué ne part pas à l’aventure pour autant. De son enfance, il a gardé un goût de travail bien fait et une méthode… chirurgicale : « Un bon spectacle, c’est l’écriture. La légende de l’impro, c’est la légende des fainéants. » (Paris-Match)

Le cabinet du Docteur Éboué étant complet le 8 novembre, il consultera à nouveau, cette fois à l’Espace Malraux, en avril.

Mercredi 24 avril 2019 à l’Espace Malraux
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