Max Bird à Tours
Au nid soit…

 D’abord, il voulait être ornithologue. Puis comédien. Puis scientifique. Alors, il est devenu Max Bird (on ne vous fera pas l’injure de traduire) et il passe à la télé, sur Youtube, à la radio et, maintenant, sur scène. Comme à Tours, le 19 septembre 2020, avec son Encyclo-spectacle.

Max Bird à Tours
Max Bird, tombé de YouTube sur la scène, celle du Vinci pour son retour dans sa ville natale. (Photo DR)

Au commencement, il aimait les oiseaux. Sur les bords de Loire, il y en a pas mal, tous les randonneurs vous le diront. Et comme Maxime Déchelle est né à Tours (son papa travaillait à la base aérienne du coin), le petit Maxime a chassé – gentiment – la plume dans le quartier. Quand papa a été muté, c’est en Guyane qu’il a continué. Joli terrain de safari (gentil, on a dit).

Plus tard, il s’est offert une année sabbatique pour tenter de faire entrer les volatiles dans la boîte que le Père Noël lui avait apporté. Il avait une obsession, le petit Maxime : photographier un oiseau rare (sans jeu de mots). Si on a bien compris, c’était la Harpie Féroce. Ça fait peur, mais c’est beau.

Comme il était patient et assez doué, il l’a eu, son piaf mystère. Seulement voilà, quand on attrape son rêve, on est bon pour s’ennuyer ferme ensuite : « Étrangement, il y a eu alors une sorte de perte de repères. Cet oiseau, c’était un peu mon Saint Graal et je me suis rendu compte que le plus intéressant à vivre était de pourchasser des rêves, pas forcément de les réaliser. » (CNC)

Le réveil de la force

Donc, jouer les paparazzis pour emplumés, c’était sympa (non, on ne dira pas chouette) mais un peu limité. N’empêche, une passion d’enfance, ça vous marque à vie. On vous dira pourquoi plus loin.

Max Bird à Tours
Max Bird sur YouTube, le prof qui ne se prend pas au sérieux. (Photo DR)

Pour changer d’horizon, Maxime va aller à Paris. Et qu’est-ce qu’on fait le mieux quand on est à Paris ? Du théâtre. Il passe au cours Florent, puis sur de petites scènes. Comme beaucoup (trop) de monde, il fait du stand-up, histoire de faire marrer ses contemporains. Ça marche, mais pas comme il voudrait. Il persiste mais ne voit pas comment se différencier de la foule des amuseurs. Jusqu’à ce que le scientifique qui sommeille, ou somnole, en lui se réveille : « Dès que je me suis mis à parler de science, cela a attiré les professionnels et m’a permis de gagner des prix dans des festivals. » (Le Monde)

Désormais, il s’attaque aux « idées reçues ». Il explique simplement des trucs compliqués en faisant le mariole, mais toujours avec une rigueur scientifique absolue. Et comme les salles sont un peu petites, il lance sa chaîne YouTube sur le même thème. Et il y a du monde. Parce qu’il est sympa, drôle, et intéressant. Petit florilège des sujets traités  : La bise, c’est sale ?, Les oiseaux dorment dans un nid ?, Écorcher un grain de beauté… ?, La vérité sur la tomate… On voit que l’animal Bird est éclectique.

Des cases pas vides

Un bonhomme comme ça, on a en a déjà connu un : Jamy Gourmaud, qui fut la star de C’est pas sorcier, magnifique émission intelligente (c’est rare) pour le enfants, assassinée et mal ressuscitée par France Télévisions.

Tiens, se dit la nouvelle direction, on va proposer à Max Bird (nom de scène de Maxime) de présenter une émission. Et on va appeler ça, C’est toujours pas sorcier (sans se dire qu’elle aurait pu aussi penser à la grammaire des chères têtes blondes. Passons). Fûté, non ?

Max Bird à Tours
Face-à-face avec un dinosaure, rien ne lui fait peur. (Photo DR)

Du coup, le piafomaniaque, promu au rang de scientifique vulgarisateur cathodique, connaît la gloire. Elle va même lui donner accès aux studios de France Inter où il a désormais une rubrique. Et à la scène, devenue beaucoup plus grande qu’à ses débuts.

C’est comme cela que Max Bird va bientôt partir en tournée avec passage sur les terres de ses premiers piaillements. Le programme, L’Encyclo-spectacle, est dans le droit fil de ses autres activités. Il démonte les idées reçues scientifiquement mais drôlement. Et comme il est bon comédien (un peu agité, mais c’est la culture YouTube qui veut ça), le spectacle tient la route : «  Max Bird coche toutes les cases qui permettent de se faire une place sur la scène humoristique : un univers original (la science et la mythologie), des textes aussi drôles qu’intelligents, de faux airs de Jim Carrey et une chaîne Youtube qui compte 578 000 abonnés.  » (Le Monde).

Max Bird à Tours (Photo Christophe Huguenet)
Maw Bird en vélociraptor, on ne s’en lasse pas. Photo Christophe Huguenet

C’est vrai qu’il faut le voir, dans son sketch sur les jeux vidéo (les spectateurs commandent l’humoriste à coups d’applaudissements et de bruits étranges) jouer le vélociraptor (petit dinosaure théropode carnivore bipède, comme savent tous ceux qui ont vu Jurassic World). On s’y croirait.

Conclusion : Max Bird est un monsieur de talent, bon comédien, plutôt drôle, qui dit des choses intelligentes en utilisant un vocabulaire qui ne ferait pas rougir un charretier. L’occasion ou jamais de s’instruire en s’amusant, de se coucher moins bête (on ne sait pas ce qu’il en est du réveil) et de sortir en famille. Ce n’est pas tous les jours qu’un humoriste permet d’amener les enfants à l’école…

Samedi 19 septembre 2020 à 20 heures au Centre de Congrès Vinci de Tours.
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ