Festhéa : 34 ans
d’amour fou pour le théâtre

Dernière mise à jour le 19 mai 2019

Ils ne visent pas un Molière, ils ne seront (sans doute) jamais à la Comédie Française, on ne parlera pas d’eux à la télé mais ils aiment le théâtre comme personne. Festhéa réunit, pour la 34e année, ceux qui servent Thalie juste pour l’amour de l’art et pour le bonheur du public.

« En m’insultant, Monsieur, vous insultez Thalie !  » affirme Montfleury. Ce à quoi Cyrano répond, très poli :

Si cette Muse, à qui, Monsieur, vous n’êtes rien,
Avait l’honneur de vous connaître, croyez bien
Qu’en vous voyant si gros et bête comme une urne,
Elle vous flanquerait quelque part son cothurne.

Ah ! Cyrano de Bergerac. Amoureux de Thalie, la muse de la comédie, et joyau de théâtre lui-même. Que dirait-il de Festhéa ? Que Montfleury, boursouflé de prétention mais sans amour pour son art, mérite d’être « découpé comme une mortadelle d’Italie  » et n’y a pas sa place…

…un acteur déplorable qui gueule,
Et qui soulève avec des han ! de porteur d’eau,
Le vers qu’il faut laisser s’envoler !

…et qu’il ne méritera jamais le respect porté au plus modeste amateur dès lors que celui-ci use de sa fonction au sens étymologique.

Point de risque pour les acteurs de se retrouver le séant percuté par un cothurne vengeur durant Festhéa. Le festival – qui entre dans sa 34e année – ne réunit que les vrais amants de Thalie, ceux qui la servent par amour, passion même, pour le simple plaisir du mot, du geste, de l’émotion.

Un amour… “fracassant”

Ils sont des milliers à travers la France à faire rire ou pleurer des salles discrètes, des publics bon enfant. Des milliers à faire découvrir le théâtre parfois dans des villages perdus, parfois dans des salles urbaines, des spectacles qui sont autant d’ouvertures sur un univers faussement regardé comme élitiste.

Non, on ne doit pas avoir peur du théâtre, comme n’ont pas peur de monter sur scène ces comédiens « amateurs » auxquels on doit tant.

Les fondateurs de Festhéa doivent être salués chapeau bas pour avoir rendu hommage à ces troupes qui sont les dignes descendantes de celle qui accueillit le Baron de Sigognac, alias Capitaine Fracasse. Le festival les fait venir de toute la France pour se produire pendant une grosse semaine. On y entend alors de l’Obaldia (toujours plébiscité par les amateurs) comme du Molière (et non des moindres, Dom Juan, rien que ça, et l’École des femmes) du Feydeau, du Grumberg ou du Courteline.

C’est à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire que les compagnies se retrouveront cette année, avec quelques écarts à travers le département.

Une jolie collection d’occasions pour réunir, des deux côtés de la rampe, les amateurs de théâtre. Cyrano s’y trouverait bien.

Du 27 octobre au 3 novembre 2018 à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire

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