Dernière mise à jour le 29 avril 2019

Étienne Daho sera au Vinci le 20 décembre pour chanter son dernier album, Blitz. Un retour vers le rock psychédélique et un hommage aux Floyd.
On ne parle pas assez de la voix de Daho. Ronde, chaude (« délavée » dit Télérama), plus Lou Reed que Bowie, finalement, même s’il place les deux parmi ses références absolues. Une voix un peu grave, onctueuse, qui convainc plus qu’elle n’impose. Une voix qui déverse en plein cœur les paroles de ses chansons… même si elles sont, du coup, parfois un chouïa inaudibles.
De la seconde de ses icônes, il a repris l’ambiguïté sexuelle. Étienne Daho reconnaît son ambivalence en ce domaine. Peu importe. Ce qui compte, ce sont les sentiments, ceux qu’il distille dans ses textes. Et il va les chercher loin Daho. Déjà, dans son avant-dernier dernier album, Les chansons de l’innocence retrouvée, qu’il avait présenté au Vinci dans son spectacle Diskönoir.
Confidentiellement vôtre
Il est né à Oran et se souvient du bruit des balles même s’il est arrivé à Reims alors qu’il n’avait que huit ans. Le père est parti sans dire au revoir (mais en embrassant tout de même son fils) quatre ans auparavant. Il découvre aujourd’hui qu’il lui ressemble, jusqu’à avoir fait les mêmes erreurs : « J’ai eu un fils quand j’avais dix-sept ans » avoue-t-il. Il ne le voit pas, comme il n’a pas revu son père, qui vint à un de ses spectacles un soir mais auquel il a refusé l’entrée de sa loge.
Une vie entourée de femmes, une enfance qui dérape à l’adolescence. Étienne touche à tout, surtout à ce qui est défendu, en écoutant Dylan et les Stones. C’est pour ça qu’on le désigne comme « rocker » ? On pourrait aussi le qualifier de chanteur de charme.
Charmeur, oui. Dans la vie et sur scène. Une manière de vous faire des confidences comme s’il ne s’adressait qu’à vous. Son dernier album, Blitz, continue sur la lancée des Chansons de l’innocence retrouvée. Étienne Daho y évoque la mort de sa sœur (Le jardin), Jeanne, dont la disparition venait s’ajouter à celle d’une autre Jeanne, Jeanne Moreau, son amie, avec qui il avait adapté Le condamné à mort, de Jean Genet, en 2010.
Marqué à vie
Blitz (le bombardement allemand sur Londres) explore la capitale anglaise mais aussi les rues de San Francisco (Les filles du canyon). À Londres, où il habite la plupart du temps, il a découvert que son idole, Syd Barrett, l’un des fondateurs des Pink Floyd, avait vécu à quelques mètres de chez lui (Chambre 29).
Blitz est une plongée dans le rock psychédélique. La musique retrouve les accents de la new-wave, dont il a toujours été passionné : « Mon premier disque, acheté à Rennes à 13 ans, c’est The Piper at the Gates of Dawn de Pink Floyd. Il m’a marqué à vie. » (Le Parisien)
Il en rêvait et a trouvé, à 61 ans, le courage de foncer vers un rock qui lui faisait peur. C’est la rencontre avec un disque qui l’a poussé : « Quand j’ai découvert l’album de Unloved, Guilty of Love, j’ai trouvé que ça synthétisait tout ce que j’aime mais dans une démarche contemporaine. Phil Spector, les girls-groups, toute la musique des années 1960 mais sans être figé dans le passé, avec un son d’aujourd’hui. » (Les Inrocks).
Blitz, c’est ça. Daho emprunte un nouveau chemin. Comme il le chante dans Les filles du canyon : « Il y a une porte dans le désert, ouvre-la. Tu trouveras ici un autre paradis, un autre monde… ».
Jeudi 20 Décembre 2018 au Vinci
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