Produire du vin, c'est un coup à y laisser sa chemise... (Photo page Facebook de François-Xavier Demaison)
La vraie question, c’est : y aura-t-il du Touraine dans les Di(x)vin(s) que François-Xavier Demaison dégustera sur la scène de l’Espace Malraux de Joué-les-Tours (en Touraine, donc, pour les ignares buveurs d’eau et les étrangers) ?
Ce sera le 7 octobre 2022, sous l’étiquette du Festival Blagues à part, une manifestation destinée à se tire-bouchonner jusqu’à plus soif.

C’est risqué, tout de même. Partir en tournée dans un pays où le moindre rayon de soleil s’agrippe à sa grappe, c’est risquer de fâcher pas mal de monde, l’œnologue qui sommeille en chaque français ayant l’orgueil viticole chatouilleux, même sans avoir bu.
Aux dernières nouvelles, François-Xavier Demaison arrivera sur la scène de l’Espace Malraux avec une caisse où l’on trouvera saint-pourçain, morgon, tokay, gevrey-chambertin, côte-rôtie et autres, mais pas de saint-nicolas de Bourgueil ni de vouvray. Aïe.
Pas non plus de Mirmanda, le domaine qu’il possède dans les Pyrénées-Orientales. Ce qui veut dire que le monsieur sait de quoi il parle, au moins sur ce sujet-là. Et ce serait facile d’ajouter que son association avec Benoît Lavigne pour diriger le Théâtre de l’œuvre à Paris est, somme toute, logique.
À déguster avec un bon avocat

Exploitant viticole, directeur de théâtre, François-Xavier Demaison sait mener sa carrière. Quelques restes, sans doute, de ses études de droit, qu’il a abandonnées alors qu’il était aux États-Unis, le 11 septembre 2001, de sinistre mémoire.
Précurseur (c’est devenu à la mode depuis), l’ex-futur conseiller fiscal décide de faire ce qui lui plaît, monter sur les planches. Autrement dit, retrouver ses premières amours puisqu’il a réussi à marier Sciences Po et le Cours Florent pendant pas mal d’années ; « Coluche [qu’il a interprété au cinéma] disait aussi que les études, c’est cinq ans de droit et tout le reste de travers. La fac de droit, c’est la voiture-balai des vocations tardives. » dit-il. (Le Monde)
Retour, donc, à la classe départ et premier succès avec Demaison s’envole. Mais François-Xavier Demaison va élargir ses ambitions au grand écran, comme comédien (on a dit qu’il a joué Coluche, ce qui lui a valu d’être nominé en 2009), mais aussi à la télévision et au théâtre (1) et bientôt aussi dans la production.
Tout le monde au goulot
Comme beaucoup, c’est le confinement qui lui donnera l’idée de Di(x)vin(s). Pas parce que la période l’a poussé à vider sa cave mais parce que « cette période d’introspection collective a résonné en moi. Tous ces beaux albums de musique, ces livres qui sont sortis pendant le confinement m’ont donné envie de remonter sur scène et d’accoucher, moi aussi, de quelque chose de personnel. » (Télérama)

L’idée du vin s’impose à celui qui a découvert le bordeaux à dix-sept ans (« Mon père m’avait servi un saint-julien, Château Ducru-Beaucaillou, avec un gigot-flageolets. Mais je n’avais pas aimé ! – Le Monde) et qui produit lui-même sa cuvée. Et puis, partager une bonne bouteille, c’est l’occasion de découvrir les autres
Et, comme Demaison est là pour incarner ou évoquer des personnages, c’est tout bon : « Mentionner les millésimes est aussi une manière de convoquer les gens disparus. Sans aucune note de passéisme ou de nostalgie. » (Télérama)
Dans son spectacle, Demaison s’évade , il avait déjà mis en scène un sommelier. Cette fois, le public ne se contentera pas de lire la carte…
(1) François-Xavier Demaison jouait Par le bout du nez avec François Berléand quand le Covid l’a renvoyé chez lui. La pièce sera donnée à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours le mercredi 9 novembre 2022, toujours avec François Berléand mais avec Antoine Duléry de l’autre côté de la narine.

