Dernière mise à jour le 29 avril 2019
Chanteuse, compositrice, contestataire, actrice, Claire Diterzi revient à Tours, sa ville de naissance, pour une résidence au Grand Théâtre. Première prestation, un spectacle pour enfants inspiré d’Italo Calvino.

Elle est née à Tours, où elle a fait ses études au Lycée Choiseul, option Arts Appliqués. Il y a de drôles de profs à Choiseul : le sien lui a conseillé de se lancer dans la carrière musicale en l’incitant à se rapprocher d’un groupe qui aura marqué les mémoires, au moins en Touraine, Forguette Me Note. Vaguement rock, un poil pop, le groupe avait surtout d’alternatif son fonctionnement. Ce qui ne l’empêcha pas de faire une carrière correcte, quoique courte.
Devenue solitaire, Claire Diterzi continuera à cultiver l’originalité. Elle fera notamment tout un album autour des œuvres d’art, Tableau de chasse, « unanimement apprécié par la critique », comme on dit.
On la trouvera aussi aux côtés du chorégraphe Philippe Decouflé, pour lequel elle composera, au cinéma avec la bande son de Requiem pour Billy the Kid, au Musée de l’homme pour l’ambiance de l’exposition de Titouan Lamazou (un environnement qui lui inspira peut-être son Tableau de chasse) et sur scène comme interprète de Rosa Luxembourg.
L’inspiration du baron
Consécration, Claire Diterzi fut hébergée à la Villa Médicis, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Surtout lorsque l’on est l’une des premières artistes de « musique actuelle » à occuper les lieux.
Militante pour une culture qui échappe aux standards consuméristes, Claire Diterzi est une passionnée, ce dont se souviennent ceux qui ont assisté à la présentation de la saison de l’Opéra de Tours. Il est difficile d’arrêter Claire Diterzi quand elle parle de son travail…
C’est une création (annoncée pour le mois d’avril 2019 et sur laquelle nous reviendrons) qui lui vaut d’être « en résidence » rue de la Scellerie. Mais, en attendant, Claire Diterzi propose mi-décembre, avec sa compagnie Je garde le chien, un spectacle inter-âges (à partir de six ans), l’Arbre en Poche, inspiré du Baron perché d’Italo Calvino (les deux titres jouent de l’anagramme). Comme d’habitude, Claire Diterzi assemble chanson, musique, acrobatie, comédie et mise en scène supertonique.
L’Arbre en poche, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui décide d’agir pour aider à sauver la nature de son pays, le Congo. Il monte sur un arbre et n’en redescendra plus. Son frère reste au sol, dans son fauteuil, spectateur apathique du désastre, comme trop d’entre nous. Une fable, donc, que les grands analyseront et que les plus jeunes percevront instinctivement.
Un spectacle, en tout cas, à la manière de la sorcière Diterzi (son rôle dans la pièce) et qui sera bientôt programmé à la Philharmonie de Paris.

