Anna Karénine en tournée
Enfin un vrai « ballet russe » !

Dernière mise à jour le 14 décembre 2021

Photos Eifman Ballet
Des danseurs de qualité, une chorégraphie au caractère affirmé, une approche brillante : la France reçoit – enfin – une compagnie de haut niveau venue de Russie avec Anna Karénine de Boris Eifman.

Cette fois, pas de bluff, pas de compagnie fabriquée de bric et de broc pour l’occasion, pas de danseurs hésitants et d’orchestre approximatif. Le spectacle qui est donné en tournée jusqu’au 12 décembre 2018 en France appartient à une troupe de haut niveau avec la signature d’un grand chorégraphe. Enfin.

C’est le St. Petersburg Eifman Ballet (du nom de son fondateur et directeur, Boris Eifman) qui est sur scène. Une troupe fondée en 1977 autour d’un chorégraphe qui avait été puni en 1970 pour avoir produit des œuvres considérées trop « pornographiques ». L’URSS avait de ces pudeurs…

Les temps ont changé et le ballet danse aujourd’hui dans le monde entier en passant par l’officiel et célébrissime Bolchoï… soutenu par le gouvernement russe. Lequel a aussi financé son école, la Boris Eifman Dance Academy.

Respectueux du classicisme, Boris Eifman s’en échappe sans le renier pour explorer des domaines plus modernes : « Je ne peux pas catégoriser mon style. Mon travail peut être purement néoclassique un jour et, le lendemain, être quelque chose de complètement différent  » reconnait-il. C’est vrai, et son Anna Karénine, sur la musique de Tchaïkovski, est la démonstration parfaite de cette fusion réussie.

« Basic instinct »

Un spectacle « complet » aussi, selon la formule consacrée. Ce n’est pas un hasard. Boris Eifman veut ramener au ballet un public consommateur de télévision et réticent à ouvrir son portefeuille. Pour cela « nous synthétisons les traditions du ballet russe avec la technologie moderne et visons à créer un ballet-théâtre, non seulement des danses mises en musique, mais aussi un théâtre, avec des acteurs, des costumes, des lumières et des décors magnifiques  » dit-il à Dance Magazine. Appuyé par des danseurs de grande qualité (solistes et ensembles), il y parvient avec un sens de la mise en scène, un travail chorégraphique et une analyse poétique sans failles.

Son adaptation de Tolstoï, Anna Karénine, qui a notamment été présentée au Lincoln Center de New-York, offre le mariage du classique et de la danse contemporaine le mieux maîtrisé, avec quelques rappels (ou clins d’œil) vers West Side Story. Pour ne pas encombrer le sujet, Eifman s’est concentré sur le trio Anna/Karenin/Vronsky. Le chorégraphe décrypte la renaissance d’une femme dont le « basic instinct » (sic) la conduit à la violation des normes de la morale sociale de son temps, quitte à se détruire. « Consumée et écrasée par la passion, une femme est prête à tout sacrifice  », dit-il.

Les bons spectacles de danse classique ou néoclassique sont rarissimes en tournée. Anna Karénine est l’exception qui confirme la règle. Une occasion à ne pas louper pour les balletomanes… et les lecteurs de Tolstoï !

Réservez ICI pour toute la tournée .