Chanson Spectacles

Christophe Willem
Une musique venue de Rio

Photo Yann Orhan

C’est Marianne James qui l’a surnommé « la tortue » lors de sa première apparition à La Nouvelle Star sur M6. Un sobriquet lié à sa manière de se tenir penché en avant et à son pull à rayures vertes. Le nom est resté mais Christophe Willem ne s’en offusque pas. Car cette tortue-là, comme celle de la fable, a galopé vers la gloire à la vitesse du lièvre.

Originaire du Val d’Oise, Christophe Willem (son nom de scène fait référence au prénom que sa mère avait pensé lui donner, William) était bien parti pour une carrière de professeur. Mais ces études très sérieuses ne l’empêchaient pas d’apprendre la musique : piano depuis l’âge de sept ans, puis chant gospel, jazz et blues. Une base solide et originale.

Poussé par sa sœur sur la scène des éliminatoires, il franchira toutes les étapes qui le conduiront au statut de Nouvelle Star 2006, à l’unanimité du jury.

Retour aux « roots »

L’année suivante verra la parution de son premier album, Inventaire, réalisé notamment avec Zazie qui collabore toujours avec lui. Le disque est vendu à 750 000 exemplaires en France. Suivront Caféine et Prismophonic. Il faudra attendre trois ans, le temps de « se retrouver » dit-il, pour que sorte Paraît-il. Un album plus tranquille, « plus introspectif ». On y entend autant de ballades que de morceaux rythmés à la manière de ses précédents albums.

Pour Paraît-il, Christophe Willem avait rassemblé du beau monde : Carla Bruni, qui signait trois titres, Zazie, toujours présente, Jean-Jacques Goldman… Des choix qui correspondaient à son état d’esprit du moment, plus « authentique et roots », selon son expression. Il y parlait de la réalité de son métier, de ses chagrins, de la solitude… Et il s’essayait à un titre uniquement parlé qui révèle une facette surprenante de son personnage. C’était en 2015 et la scène du Vinci lui avait permis d’échanger avec les Tourangeaux.

« C’est pas moi !»

Retour dans le même auditorium en décembre 2018. Cette fois, c’est Rio qu’il amène dans ses bagages. Façon de parler car Rio est le nom de son fils…

Cette fois, Christophe Willem affirme ne plus parler de lui : « C’est la première fois que j’écris vraiment des textes et qu’un album parle aussi peu de moi. Mais tout en parlant moins de moi, je trouve qu’il me définit davantage à travers mon point de vue sur certains sujets, ma manière d’observer les choses. » (20 Minutes) des textes qui se veulent « vrais » mais surtout pas commerciaux. Rio, Marlon Brando, Madame et Restart ont été les premiers entendus. Toujours original dans sa façon de chanter, un brin psychédélique sur certains titres, Christophe Willem se questionne, en toute modestie : « J’suis qu’un mec lambda, le voisin d’en bas/J’me la donne comme ça et je sais pourquoi. (…) L’air de rien j’ai comme une envie qui va qui vient/Vous faire danser jusqu’à demain. » (Marlon Brando).

Et jusqu’au 21 décembre…

Vendredi 21 décembre 2018 au Vinci

Réservations