Il a un “son” original, il improvise remarquablement bien, il est apprécié des anciens et des modernes, bref Yoann Loustalot est l’une des figures reconnues du jazz français (et international). Il sera au Petit Faucheux le jeudi 24 octobre 2019. En bonne compagnie, évidemment.
Le Petit Faucheux annonce « des atmosphères lentes, aériennes et envoûtantes » Logique, quand on sait que le groupe (Yoann Loustalot, trompette et bugle, Julien Touéry, piano, Éric Surménian, contrebasse – peut-être remplacé par Matyas Szandai, si l’on en croit le site du Petit Faucheux – et Laurent Paris, percussions) qui se produira le 24 octobre s’est auto-baptisé Slow.

On veut bien le croire mais sans prendre forcément la formule au pied de la lettre. Ne serait-ce que parce que Loustalot est capable de mettre de la puissance dans une musique que certains ont décrite comme contemplative. C’est son style, une délicatesse d’acier, une légèreté de plomb.
Autrement dit, une maîtrise des instruments aussi solide que celle de la mélodie. « On sent que Loustalot met sa chair dans chaque note. Ses notes ont plus de poids, plus de densité, plus de corps. Elles semblent se matérialiser devant nous pendant qu’il les travaille comme un sculpteur » confirme Jean-François Mondot pour Jazz Magazine dans un article magnifiquement illustré par Annie-Claire Alvoët, qui ne nous en voudra – peut-être –– pas de lui emprunter une de ses illustrations (1).

Formations variables
La musique de Yoann Loustalot « c’est le son de l’âme et il est si profond et authentique que chaque note compte et conte. Il invente sans cesse des mélodies qui restent gravées dans l’air et dans nos têtes. Passion, soin, attention, amour » dit son ami, le trompettiste italien Enrico Rava.
Les trois complices qui l’accompagnent sont du même tonneau. Mention spéciale pour le pianiste, Julien Touery, également compositeur et auquel on doit trois des thèmes enregistrés par le groupe (le bassiste et le percussionniste en ont chacun un à leur actif). Un groupe qui est loin d’être le seul piloté par Yoann Loustalot. Trompettiste à formations variables, on le croise, par exemple, sur les rivages du passé avec Old And New Songs (« Parce que nous faisons du neuf avec du vieux ! » dit-il)

Que du neuf cependant au Petit Faucheux. Une musique qui ne renie pas « l’influence de Debussy, de Ravel et du jazz nordique » (Télérama). Et un conseil de Yoann Loustalot himself : « Le disque s’écoute assis dans un canapé ou allongé dans un lit. »
On peut apporter son oreiller mais le Petit Faucheux ne fournit pas le matelas…

