
Depuis The Voice et l’Eurovision, Amir a peaufiné son style. Il arrive au Palais des Congrès avec Addictions, un album multiforme plus achevé que le premier.
Il y a beaucoup de youhou de hoho et de aha dans les chansons d’Amir. Une image de marque qui appartient à un style dont la qualité première est d’entrer dans la tête et de refuser obstinément d’en sortir. Ce qu’on appelle un tube.
Youhou : l’aventure commence avec The Voice en 2013 où il brille avec Candle in the wind d’Elton John et finit 3e derrière Kendji Girac et Maximilien Philippe. Mais c’est surtout l’Eurovision 2016 qui le lance. Choisi pour sauver l’honneur de l’hexagone après la Bérézina de 2015 (25e sur 27 !), il s’en sort plutôt bien en finissant 6e avec un titre bilingue. C’est J’ai cherché (« Youhou, J’ai cherché/Un sens à mon existence… »). Un carton. En prime, il est récompensé aux MTV Europe Music Awards.
De la ballade à l’afrobeat
Hohohooo : son premier album, c’est Au cœur de moi. Sorti en 2016 il se vend à 300.000 exemplaires, piratages non compris. (« Viens, écris sur ma peau les mots que je n’ose pas, hohohooo… ») Ça marche, mais Amir n’est pas forcément satisfait. Il retourne à sa table et écrit un nouvel album.
Ahahah : le numéro 2 sera Addictions qui se veut moins « inachevé ». Commencé à peine le premier dans les bacs, il sort moins de deux ans après lui. Le chanteur franco/israélien est satisfait : « Addictions est le grand frère du premier album… même s’il est né plus tard ! » (20 minutes). On sent déjà le tube avec États d’amour (« Dans tous mes, tous mes états d’amour, ahahah… »), lancé par un clip aux allures de publicité Ikea.
International
Amir (Laurent Amir Khlifa Khedider Haddad) est né – à Paris – et vit sous le signe de l’international. Franco-israélien d’origine (père français d’origine tunisienne et mère marocaine juive), il a fait son service militaire en Israël (et des études… de dentiste !) et est marié à Lital qui vit à Tel-Aviv. Elle le rejoint sur un titre d’Addictions (Idéale Idylle).
International aussi dans sa carrière (commencée en 2006 avec Kokhav Nolad, la version israélienne de Nouvelle Star). Sa présence à l’Eurovision lui a donné un public largement européen : « Quand je vois que mes titres sont playlistés dans des pays improbables, ça me touche. (…) Je veux voir ce qu’un Hollandais a pensé de ma chanson, ça m’intéresse, je trouve ça plus neutre, la compréhension du texte n’est pas là. Il y a une perspective intéressante à explorer. » (20 minutes). Et comme il chante aussi en Anglais, ça aide.
C’est avec les titres d’Addictions qu’Amir sera au Centre de congrès Vinci de Tours en décembre. Des chansons aux styles différents (ballade, électro, pop, et même afrobeat…) dont les textes montrent toujours un homme à la recherche d’une main tendue, d’un regard, d’une caresse pour ne pas se perdre : « J’ai peur de passer à côté/De la vie et de ses beautés » (Il était une femme), chante-t-il.

