Mathieu Salama, contre-ténor
La musique au plus haut

Dans le cadre de l’égalité entre les sexes, les hommes parviennent enfin à rejoindre les femmes dans les hauteurs de la partition. Les airs baroques destinés aux castrats peuvent être rechantés, sans passer par la case bistouri. Mathieu Salama en fera la démonstration le 3 mars à Tours.

Mathieu Salama, contre-ténor.
Mathieu Salama en concert. C’était à Melun. Il sera dans l’église Notre-Dame la Riche de Tours le 3 mars 2019. (Photo DR)

Que les airs destinés aux castrats aient disparu de l’affiche pendant un certain temps, on peut le comprendre. Puisque la seule solution pour atteindre la « tessiture de tête » était l’ablation des parties les plus constitutives de la masculinité (et puisque les accidents ne suffisaient pas à répondre à la demande des mélomanes, n’en déplaise à Farinelli qui dut sa carrière à une chute de cheval…), il est normal que les vocations se soient évanouies en même temps que l’autorité parentale : « Tu seras castrat, mon fils », c’était bon pour le XVIe siècle, moins pour le XIXe… D’ailleurs, certains chercheurs pensent que la mode occidentale est venue des harems où chantaient les eunuques. Pas encourageant, même si le troisième élément – non reproducteur – de la bijouterie familiale demeurait fonctionnel.

Place aux hommes

Reste que louper des airs signés par les meilleurs baroques (Vivaldi, Monteverdi, Haendel, Bach, Purcell) et même… Rossini, c’était dommage.

Coup de chance (pour les chanteurs), on se rappelle au début du XXe que certains chanteurs peuvent s’envoler au-dessus de leurs copains ténors et pousser la porte de mesdames Contralto, Mezzo et Soprano. Adieu les castrats, le contre-ténor revient prendre la place que quelques cantatrices avaient occupé par défaut, comme Cecilia Bartoli elle-même.

Changement de registre (sic), donc. Les contre-ténors ne sont pas très nombreux mais la beauté de leur chant conquiert. En France, une star est née : Philippe Jaroussky se fait connaître du grand public au début des années 2000 en récoltant plusieurs Victoires de la musique classique, entre autres récompenses. Il n’est pas tout-à-fait seul. Parmi les voix « de fausset » (ce n’est pas une critique, en la circonstance), Mathieu Salama fait une jolie carrière.

Le sortilège de Venise

Venu tardivement au classique (il a démarré par la variété), Mathieu Salama tombe en extase devant la musique baroque du côté de la place Saint-Marc, à Venise, donc. Le voici perdu pour The Voice. Il trouve un professeur, et non des moindres, Nicole Fallien, qui a eu aussi comme élève… Philippe Jaroussky !

Désormais contre-ténor « sopraniste », Mathieu Salama défend le baroque à travers des compositeurs célèbres (Haendel, Bach ou Purcell) ou pas (Caccini, Caldara, Porpora…)

Le dimanche 3 mars, dans l’église Notre-Dame la Riche de Tours, il rendra hommage aux Arias baroques signés Caccini, Vivaldi, Pergolèse, Haendel, Bach et Purcell.

Un spectacle à rester sans voix.

Dimanche 3 mars 2019, 16 heures, église Notre-Dame la Riche de Tours.
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…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ