Greg Zlap en tournée
L’anche Gabrielle de Johnny

Déniché par Johnny Hallyday, il a soulevé les foules presque autant que son maître dans ses concerts avec un sublime solo dans Gabrielle. Pourtant, Greg Zlap ne joue que de l’harmonica, modeste instrument à anches comme chacun sait. Il tourne désormais tout seul et sera à Tours le 13 novembre 2020.

Greg Zap harmoniciste de Johnny Hallyday en tournée
Greg Zlap, un charisme digne de son maître (Photo DR)

Pour les plus anciens, il y avait le Trio Raisner. Pour les cinéphiles, il y a Charles Bronson dans Il était une fois dans l’Ouest (1). Pour les amateurs de blues, il y a une palanquée d’interprètes mais peu ont connu la gloire. Pour les nostalgiques du Peace and Love, il y a Bob Dylan et sa déclinaison hexagonale, Hugues Aufray. Mais pour les rockers, si l’on excepte Benoît Blue Boy, on ne peut pas dire que l’harmonica entre naturellement dans la panoplie.

Pourtant, c’est à Johnny Hallyday que Greg Zlap (un nom de code, le vrai s’éternuant Grzegorz Szlapczynski) doit sa notoriété. Ça ne vous dit rien ? On va vous aider.

Greg Zap harmoniciste de Johnny Hallyday en tournée
Johnny et Greg, unis par Gabrielle. (Photo DR)

Lorsque Johnny annonçait « la fille que vous attendez tous », que les premières notes de Gabrielle faisaient se lever les foules bras croisés au-dessus de la tête, lorsque le chanteur avait affirmé ne plus vouloir « mourir d’amour enchaîné » une première fois, c’était à lui d’entrer en scène. Un jeune homme sans instrument à première vue. Un gars qu’on lâchait tout seul dans la salle avec un bout de bois dans le creux de la main, un harmonica pas plus gros que ceux que les gamins réclament tous à Noël un jour ou l’autre.

C’était lui, Greg Zlap. Et, une fois la surprise passée, la virtuosité du gars, son charisme, son rythme déclenchaient un enthousiasme digne de celui du patron. Lequel le rejoignait sur la petite scène paumée au milieu de la salle, restait près de lui quasi en l’admirant, jusqu’à lui donner un direct amical pour clore le solo et présenter «  l’unique, le fabuleux Greg Zlap ». Vous en voulez un bout ? La vidéo est là :

De Johnny à Rabbi

À partir de 2009, l’harmonica est définitivement enchaîné à Gabrielle. Voulu par Johnny qui a découvert l’harmoniciste lors de l’enregistrement d’une pub Optic 2000 ! « Johnny s’est planté devant moi, comme si je passais une audition. Ça ne m’a pas plu du tout. J’ai improvisé. À la fin, il a posé sa main sur mon épaule et il m’a dit : “Tu veux partir en tournée avec nous ?” » (Paris-Match)

Greg Zap harmoniciste de Johnny Hallyday en tournée
Un Blues du pénitencier dans le récital de Greg Zlap, hommage à Johnny Hallyday. (Photo DR)

Greg sera de toutes les tournées, jusqu’à la dernière, pour les obsèques du rockeur à Paris, lui qui n’avait jamais vu un concert de Johnny ! Un choix qui montre à quel point Johnny Hallyday avait l’œil (Optic 2000, sans doute) et l’oreille. Parce que Greg Zlap, arrivé en France à 17 ans, n’a pas appris à mettre ses lèvres sur les anches de l’harmonica n’importe où. Pour les amateurs de jazz, le nom de son professeur est carrément mythique. Jean-Jacques Milteau est l’un des plus grands interprètes de blues actuels.

Autre référence, Vladimir Cosma demandera à Greg Zlap de jouer dans ses concerts. Cosma, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, c’est le compositeur de musiques de films comme Le Grand blond avec une chaussure noire, La Boum, Les Aventures de Rabbi Jacob. Mais c’est aussi un compositeur qui travaille pour Chet Baker, Stéphane Grappelli ou encore Philipe Catherine. Ce n’est pas tout puisque Greg a joué avec Paul Personne, Bill Deraime ou Charles Aznavour…

Le pénitencier à perpètes

Johnny est parti mais son ombre plane toujours au-dessus de Greg Zlap. Le musicien lui a rendu hommage dans un bouquin, Sur la route avec Johnny, bourré d’anecdotes, de souvenirs, d’affection presque filiale.

Sur scène et sur disque, il joue un Blues du pénitencier dont le clip est réalisé à Paris : « La dernière image est tournée devant la tour Eiffel à la nuit tombée. Cette tour Eiffel représente Johnny.  » dit-il.

C’est toujours en musicien que Greg Zlap se souvient de Johnny. Johnny lui demandant la première fois qu’ils se sont vus s’il jouait sur un Marine Band, une marque que seuls les vrais pros connaissent. Johnny prenant le risque de lui donner la vedette en plein Gabrielle « LE » titre mythique absolu : « Seul Johnny pouvait oser un truc pareil. Aucun autre chanteur n’aurait pu supporter un instrumentiste qui prenne ainsi la lumière. […] Johnny était tellement fort qu’on ne pouvait pas lui faire de l’ombre. » (Le Point)

Son spectacle, Rock it tour, (Il joue mais il chante aussi) c’est donc blues et rock. Et c’est aussi un peu de Johnny, évidemment. Ceux qui ont vibré avec Greg Zlap et Gabrielle devraient verser une larme.

(1) Si êtes fans du film, Greg Zlap vous y replonge ICI

UN ALBUM POUR PATIENTER

Greg Zlap ne se contente pas de souffler dans son harmonica. Il chante aussi et son nouvel album, qui portera le même nom, précède de justesse la tournée Rock it tour. Le premier single, Save my soul, est sorti, avec un clip crayonné qui est à lui seul une œuvre d’art.

Si la voix de Greg Zlap est très différente de celle de son père spirituel (quelques réminiscences, tout de même, parfois), plus délicate, plus légère quoique plus assurée que lors de ses premières apparitions comme chanteur, l’harmoniciste sait comment reproduire les ambiances qu’il a connues dans ses tournées avec lui, ne serait-ce qu’en s’entourant de quelques personnalités bien connues des aficionados.

À commencer par Amy Keys, la chanteuse/choriste que l’on a entendue régulièrement avec Johnny Hallyday, de la Cigale au Stade de France. Pas n’importe qui, donc, et, comme Greg, l’une des protégées de Johnny que nous vous montrons ICI avec lui dans une rare vidéo enregistrée au Café Cordiale de Los Angeles. Un Blue suede shoes unique.

Pour continuer dans l’entourage de Johnny Hallyday, chacun sait que ses orchestres sonnaient particulièrement bien côté cuivres. C’était souvent dû à la présence des Vine street horns, quatre souffleurs de haut niveau que l’on a retrouvés aux côtés de Phil Collins. Amy Keys, elle aussi, a fait partie aussi de la balade avec le Phil en 1996. Les quatre garçons bien embouchés sont sur l’album.

Le premier titre de Rock it, Save my soul, entraîne plus du côté de Bruce Springsteen, auquel il emprunte son I’m going down, down, down, down et un « beat » bien sonné. Un esprit plus blues que rock (en attendant les autres titres). Ou de soul, si l’on veut.

Greg Zlap est un familier de l’âme puisqu’il la chantait déjà (Soul of a man) lors de son passage à Jazz à Vienne. Les habitués y reconnaîtront sûrement certains effets « locomotive » qui accompagnaient Gabrielle.

De quoi patienter en attendant la tournée.

Le single de Greg Zlap est ICI  

Palais des Congrès Vinci de Tours,
vendredi 13 novembre 2020 à 20 heures.
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ