25 mai 2026
Don Quichotte, adapté par la Compagnie Sept-Épées à la Grange-Théâtre de Vaugarni (Photo Compagnie Sept-Épées)

Un spectacle bien emballé... et emballant (Photo Compagnie Sept-Épées)

 La Compagnie Sept Épées dégaine celle de Don Quichotte à la Grange-théâtre de Vaugarni. Un Cervantes en modèle réduit mais où tout le monde n’aura pas une triste figure…

Pour tenter une adaptation du Don Quichotte de Cervantes, il faut avoir les moyens et la folie de Terry Gilliam ou une formation de réducteur de tête appliquée au théâtre. Ce n’est pas faire injure à la Compagnie Sept-Épées de dire qu’elle n’a pas les moyens du copain des Monty Python’s mais on lui accordera le bénéfice du doute en ce qui concerne la folie.

Don Quichotte, adapté par la Compagnie Sept-Épées à la Grange-Théâtre de Vaugarni (Photo Compagnie Sept-Épées)
Un spectacle bien emballé… et emballant (Photo Compagnie Sept-Épées)

Parce que décider de monter Don Quichotte avec deux comédiens (et une Dulcinée prise dans le public), avec quasiment pas de décors et guère plus de costumes, relève du délire ou, plus justement, de la folie du personnage. Une autre paire de Manche, donc (désolé, on n’a pas pu résister), que de faire entrer deux volumes et un millier de pages dans quelques mètres carrés.

Et si Don Quichotte prenait les moulins à vent pour des géants, la Compagnie Sept-Épées trouve dans des caisses la représentation de Rossinante (le cheval du chevalier) ou de l’âne de son compagnon, Sancho Pança, dans un projecteur le heaume de Quichotte (qui se coiffait déjà d’un plat à barbe…) et autres travestissements de la réalité.

Dis-moi ce que tu rêves…

Mais c’est aussi pour cela que l’on entre dans l’univers d’un héros malheureux (aux yeux des autres), toujours transformant ce qu’il voit par ce qu’il croit. Quichotte n’est pas fou, il rêve. Il croit en une réalité plus belle que celle de ceux qui le regardent et il n’a pas tort.

Don Quichotte, adapté par la Compagnie Sept-Épées à la Grange-Théâtre de Vaugarni (Photo Compagnie Sept-Épées)
L’important, c’est de croire en ses rêves ! (Photo Compagnie Sept-Épées)

S’il provoque parfois le rire, il est aussi touchant et, après tout, se révèle sans doute plus sage que beaucoup. Comme disent les créateurs de la pièce : « L’enjeu est de remettre perpétuellement en question la réalité que nous voyons. Pour sans doute la regarder avec un regard nouveau. La regarder depuis nos rêves les plus fous, depuis nos désirs d’enfants, depuis notre besoin d’absolu. Pouvons-nous faire de la réalité ce que nous voulons qu’elle soit ? Quichotte nous propose de transfigurer le réel. » Noble tâche, que notre époque rend encore plus héroïque et désespérée. Don Quichotte, héros contemporain, ou héroïne, puisque, pour l’occasion, Don Quichotte sera une femme.

C’est à la Grange-théâtre de Vaugarni que l’hidalgo chevauchera Rossinante samedi 16 septembre. Spectacle en plein air, sauf si la météo se ligue elle aussi contre lui. Normalement le chevalier ne devrait pas avoir à lutter contre des hallebardes, mais il est tout de même conseillé de venir avec sa petite cote de maille, ou sa petite laine, pour combattre la baisse des températures…

Samedi 16 septembre 2023 (20h30) à la Grange-théâtre de Vaugarni, du côté de Pont-de-Ruan.

Réserver au 02 47 73 24 74 (1)

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