Stars 80 écrit une « autre histoire »
Cet âge est-il sans pitié ?

La nostalgie n’est peut-être plus ce qu’elle était mais elle continue à remplir les salles. Stars 80 « une autre histoire » exploite le filon, qui commence tout de même à s’épuiser. Il est urgent d’en profiter…

C’était au stade de France en 2015. La tournée 2020 sera-t-elle à la hauteur ? (Photo Cheyenne production)

C’est vrai que l’idée était sympa. On a tous en nous quelque chose de Tennessee mais aussi quelques airs qui nous rappellent notre jeunesse. Alors, récupérer une brochette de chanteurs entièrement d’époque mais pas encore totalement has been pour les remettre en scène, c’était parfait pour rajeunir un public qui avait vieilli avec eux.

D’autant que l’époque de référence, les années soixante-dix, avait été prolifique en matière de tubes (Si on chantait, Les Bals populaires, Du Côté de chez Swann, L’Amérique, Alexandrie…). Il y en a même un qui avait tout compris avec Quand j’étais chanteur, où Michel Delpech disait qu’il avait soixante-treize ans. Prémonitoire.

Les outrages du temps

On a donc sorti de leur retraite quelques noms pas encore oubliés, on les a rassemblés, ils ont repris leurs succès (parfois, ils en avaient eu un seul dans toute leur carrière mais l’important était qu’il résonne encore dans nos neurones affaiblis, oui, on a écrit « nos », il n’y a pas que des jeunots à bord…) et tout le monde était content.

Sabrina est annoncée pour la tournée 2020 de Stars 80. (Photo Cheyenne production)

Las, le temps a continué à passer. Les têtes d’affiches ont quitté la scène définitivement (ou sont passés dans d’autres spectacles, comme les Âges tendres et têtes de bois récemment vus à Tours) , une partie du public a suivi et les producteurs ont modifié le compteur. Désormais, on ressort les stars des années quatre-vingt. Sauf qu’il y a star et star. Allègrement galvaudé par la télévision (on danse avec des « stars » que personne ne connaît), le terme s’applique souvent à quelques survivants de fond de box-office. Les Capdevielle, Berger, Gall, Balavoine et autres Johnny ont passé la main, et le micro. Et comme les grosses pointures encore en état de marche (Sardou, Jonasz, Souchon…) jouent dans leur cour, on rame pour remplir les affiches…

On peut toujours rêver

À voir les réactions de certains spectateurs, il y a de quoi s’interroger. Entre défections de dernière minute – normal, cet âge est sans pitié – play-back et chorégraphies essoufflées, la déception est parfois plus au rendez-vous que le délire rétroactif : « Très déçu : pas le nombre d’artistes prévu, chansons qui n’ont rien à voir avec les années 80… », « Des reprises massacrées de groupes ou de chanteurs mythiques par des septuagénaires ayant perdu la voix », « Reste le côté comique de voir une « star » se jeter à terre et se demander s’il allait pouvoir se relever à cause de l’arthrose… » Pas très charitable, le monsieur qui ferait bien de s’occuper de sa sciatique chronique.

Pourtant Stars 80 « une autre histoire » (c’est le nom officiel) a rempli de très grands espaces, y compris quelques stades. Si la tournée est à la hauteur de certaines prestations de la région parisienne (elle est même passée par le stade de France !), on doit en prendre plein les yeux et les oreilles. Éclairages à gogo, danseurs et danseuses en transe, fumigènes… Et les amateurs apprécieront que la mise en scène soit de Chris Marques et Jaclyn Spencer !

Jean-Luc Lahaye, un habitué des Stars 80. (Photo Cheyenne production)

Le public de la tournée, qui passe par Tours le samedi 12 décembre 2020, jugera sur pièce. Pour le moment, on annonce Sabrina, Jean Luc Lahaye (un fidèle de la troupe), Christiane de Zouk Machine, Émile et Image, William de Début de Soirée, Joniece Jamison, Patrick Hernandez, Plastic Bertrand, Jean Pierre Mader (Macumba), Cookie Dingler (si, si, Femme libérée, c’était aussi eux), Phil Barney (Un Enfant de toi), Alec Mansion (C’est l’amour) et Laroche Valmont (en cherchant bien, vous devriez vous rappeler de T’as le look, coco…).

Pas sûr que tout le monde soit au rendez-vous (voir plus haut) ni que les voix soient toutes au top. La nostalgie n’est plus ce qu’elle était mais on a le droit de rêver que l’on a toujours vingt ans. Même avec arthrose et play-back… Allez, on s’enfile un ibuprofène et on y va.

Samedi 12 décembre 2020 à 20 heures au Parc Expo de Tours et en tournée
Réserver en Touraine avec Entrée du Public ICI
…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ