Le Salon de l’Auto de Tours
met un silencieux
pour filer en… 2022

Dernière mise à jour le 11 novembre 2021

LE SALON DE L’AUTO DE TOURS
FILE VERS 2022… UN PEU TROP DISCRÈTEMENT


C’est avec un silence de voiture électrique que le Salon de l’Auto de Tours, dont nous annoncions (avec quelques précautions, tout de même) l’édition 2021 ci-dessous, a mis le contact en direction du futur sans avertir personne.

Il fallait être un peu curieux et sacrément futé pour découvrir, en allant sur le site officiel, que l’édition 2021 avait été purement et simplement gommée du calendrier. Pas un mot d’avertissement, pas un communiqué, on a juste changé, dans la précipitation, apparemment, le dernier chiffre de l’année (seulement dans le texte, le titre restant inchangé… et faux) et, hop, c’était parti pour 2022. Le chaland attendra.

Certes, la conjoncture est particulièrement difficile, tant pour l’automobile que pour ce que l’on appelle « l’événementiel », autrement dit les foires et salons. La Foire de Tours en a fait l’expérience – douloureuse – comme d’autres, des salons ont joué Balzac époque Peau de chagrin en entassant quelques rares stands (les visiteurs de Studyrama ont pu ainsi se balader dans trois salons différents, et sans aucun rapport, sur un seul niveau du Centre de Congrès Vinci), la Salon de l’Habitat avait poussé les murs (vers l’intérieur) et élargi les allées, bref, c’est la cata et le Salon de l’Auto suit la tendance.

Salon de l'Auto Tours
Bon, d’accord, on exagère un peu…

Pour être honnête, il faut admettre que Tours événements, qui gère le Parc Expo de Tours et le Vinci, n’est pas le seul à tirer la langue. Si la politique menée depuis quelque temps par sa direction nous a souvent laissés dubitatifs (et ça devrait continuer, puisque, selon nos informations, la direction voudrait se contenter de louer les espaces et ne plus organiser en son nom que la foire, ce qui risque de ne pas arranger les comptes…), le contexte économique est grave, n’en déplaise à quelques fanfaronnades politiques.

Les entreprises et les artisans ne sont plus approvisionnés en matériaux et matériels, les livraisons de véhicules s’éternisent – quand on n’est pas obligé de remplacer le tableau de bord numérique par de bons vieux compteurs à l’ancienne, faute de puces électroniques – les prix des fournitures augmentent à une telle vitesse qu’on ne fait plus de devis à trois mois, etc.

Dans ces conditions, il est évident que les exposants ne se précipitent pas vers les stands, où que ce soit. N’empêche, si l’on en juge par le nombre de demandes reçues par Entrée du public, il y a du monde intéressé par le Salon de l’Auto de Tours.

Donc, par simple correction, il aurait élégant de prévenir le public de l’annulation du salon, sans filer à l’anglaise vers des jours que l’on espère meilleurs. N’est-il pas ?

 

Resté sur le bas-côté durant la pandémie, le salon de l’auto de Tours devrait renaître en octobre 2021. Avec un nouveau nom, bizarrement tarabiscoté, Tours Auto & Mobile, et la volonté d’élargir son champ d’action.

Pour le moment, ça reste un vœu pieux : le salon de l’auto de Tours veut élargir son offre à tout de ce qui roule, ou presque. C’est clair, après avoir dû laisser le garage fermé (faire une foire hybride avec quelques voitures n’était pas la solution, apparemment), les organisateurs veulent ratisser large pour tenter de faire revenir le public, dont il faut espérer qu’il sera majoritairement en possession de « pass sanitaire » à l’automne.

Du coup, l’événement change de nom : le Salon de l’Auto de Tours devient Tours Auto & Mobile. Un nom qui fleure bon la prise de tête communicante mais qui gratouille un peu le tympan. Ce qui se conçoit bien…

Donc, du 22 au 25 octobre 2021, on pourra découvrir « un salon 2.0 [qui] mettra à l’honneur l’automobile mais aussi toutes les mobilités avec + de 20 000 m² d’exposition  » (sic). Youpee pour Tours, qui aura son salon, alors que le Mondial de Paris attendra 2022.

Salon de l'Auto Tours 2021
Pas sûr qu’il soit au salon, mais les camping-cars, comme cet « Iridium », peuvent aussi rouler électrique… moyennant 200 000 euros. (Photo DR)

Autrement dit, on pourra venir reluquer la bagnole de ses rêves ou s’allonger sur un lit de camping-car (les maisons roulantes, exilées un temps, sont rentrées en grâce lors de la dernière édition… en 2019), se ridiculiser en costard sur une trottinette ou s’offrir un quart d’heure de nostalgie en admirant quelques bagnoles datant d’une époque où faire son plein ne coûtait pas le prix d’une paire de pneus.

Dis-moi qui vient saloner ce soir…

À l’heure où nous écrivons, pas possible de dire quelles seront les marques représentées. Si tout va bien, autrement dit si le « salon 2.0 » retrouve le lustre de son ancêtre, il y aura du beau monde sous le grand hall. Les organisateurs s’engagent pour huit-cents véhicules, tout frais sortis des chaînes ou ayant quelques kilomètres au compteur. On vérifiera sur place, comme on le fera pour les « 25 marques de véhicules hybrides, électrique ou thermiques », ce qui ne mange pas de pain, puisque tout le monde en fabrique désormais.

Salon de l'Auto Tours 2021
Quand on vous dit que tout le monde s’y met… (Photo DR)

Bien évidemment, on appuiera fort sur le champignon électrique, et l’on fera un retour vers le futur sans DeLorean avec un Village de l’innovation (intelligence artificielle, nouveaux carburants, véhicules à hydrogène, robotique et systèmes avancés d’aides à la conduite), doublé d’une approche du véhicule de demain, censée permettre de savoir dans quel étrange engin circuleront nos petits-enfants. En vérité, il semble qu’il s’agisse surtout d’une étiquette qui renverra vers les stands des exposants et le thème du salon.

Passage au vert

Pas facile en ces temps d’écologie triomphante de vendre de la bagnole. En plus d’une étiquette verte sur le pare-brise, il est bon d’en coller une sur l’affiche du salon. C’est ce que fait Tours Auto & Mobile en s’affirmant « écoresponsable », de la billetterie à la porte de sortie. Pour le moment, c’est du classique : optimisation de la valorisation des déchets (collaboration avec Tri37), réduction du papier (invitations et affichages digitaux), moquette recyclable ou recyclée ( !), restauration en circuit-court et sensibilisation sur la mobilité responsable. Allez, on ne sourit pas, c’est mieux que rien.

Salon de l'Auto Tours 2021
Le gyropode, c’est ça, enfin, en campagne. (Photo DR Auvergne Expérience)

On sera sans doute plus vert sur les stands. La voiture écolo est en marche (forcée). Les marques ont compris qu’hors de l’électrique, il n’y a point de salut, au moins jusqu’à la prochaine révolution. Le maire de Tours, écologiste, appréciera et viendra probablement inaugurer le salon en gyropode.

Laissant de côté les interrogations écologiques que le véhicule électrique induit (millions de batteries à recycler, utilisation de métaux rares extraits dans des conditions discutables, nécessité de produire de l’électricité pour recharger lesdites batteries…) on va pied au plancher dans la descendance de La Jamais Contente.

Salon de l'Auto Tours 2021
La Jamais contente de Jenatzy, première voiture électrique « sportive » (Photo DR)

Pour ceux qui ne connaissent pas leur histoire de l’automobile sur le bout du pignon, rappelons que La Jamais Contente est le première voiture électrique à avoir dépassé les 100 km/h. De son vrai nom Jenatzy, elle avait gagné ce surnom du fait d’un caractère particulièrement capricieux. Petit détail : c’était en 1899.

Comme quoi la voiture du futur peut aussi dater d’hier, ou d’avant-hier !

C’était prévu au Parc des expositions de Tours, du 22 au 25 octobre 2021. Ce sera en 2022. Peut-être…

Le site du salon est ICI