Constance et son pot-pourri
Report en mars 2021

Elle est de la génération trash, option féminine. Constance sera à Tours avec son Pot-pourri et pas mal de monde dans ses bagages. Mais la pudibonderie restera au vestiaire, qu’on se le dise. Attention : prévu le 28 novembre 2020, son spectacle est reporté au 26 mars 2021.

Constance au Vinci de Tours
Gueule d’ange, Constance ? Peut-être. Mais surtout grande gueule. (Photo DR)

Il faut s’y faire, les spectacles comiques ressemblent désormais à Stalingrad, un jour d’offensive. On flingue à tout va, on canarde avec un vocabulaire à faire rougir le plus déluré des banlieusards, on jette sa culotte par-dessus on ne sait quoi (les moulins sont passés de mode), bref, il vaut mieux arriver casqué parce qu’il est certain que l’on va en prendre plein la tête. On est en droit de préférer la génération précédente, celle où les vacheries relevaient presque de la littérature et l’humour de l’analyse sociologique mais il faut faire avec. Faisons.

Pour être francs, Constance, tout en assumant clairement son appartenance aux snipers de la rigolade, a le mérite d’être une excellente comédienne, d’ajouter de l’originalité au métier en jouant du costume et de parler cru sans que ce soit gratuit. Après quelques spectacles dont le titre à lui seul annonce la couleur (Je suis une princesse, Bordel !, Les mères de famille se cachent pour mourir, Partouze sentimentale, Gerbes d’amour) elle revient avec Pot-pourri, qu’elle présentera en tournée et à Tours en particulier au début de l’hiver.

Affreux, sales et méchants

Constance au Vinci de Tours
Rien à craindre. Sur scène Constance n’avance pas masquée (Photo Facebook Constance)

Née en Picardie, plus précisément à proximité de Cuise-la-Motte (avec un seul « s » et, non, il n’y a pas de sous-entendu, même dans le contexte), Constance est tombée dans le théâtre quand elle était petite, comme Emmanuel Macron mais sans avoir épousé son prof, pour autant que l’on sache. Fidèle à son nom, on la retrouve quelques années plus tard au Conservatoire d’art dramatique de Lille, non sans s’être essayée à la scène pendant plusieurs années chez les amateurs picards.

Direction la capitale pour démarrer chez un monsieur que l’on a le droit d’apprécier, Laurent Ruquier. Dans On n’demande qu’à en, rire, elle apprend à entrer dans la peau de personnages caricaturaux. Constance a trouvé son style.

C’est ainsi qu’on la retrouve sur les planches. Elle joue les Fregoli en changeant de costume à fond la caisse, elle est aussi bien une bonne sœur qu’une Bernarde Pivot : « Elle […] incarne une galerie de personnages du genre « affreux, sales et méchants ». De la mère culpabilisante à une religieuse… pas très catholique, l’humoriste se glisse avec gourmandise dans les défroques de ces monstres ordinaires. » (Télérama)

Gueule d’ange

Constance au Vinci de Tours
Mais où atterrira la main de la soeur ? (Photo DR)

Côté texte, on l’a dit, ce n’est pas du roman à l’eau de rose. Constance a un vocabulaire très élargi, décliné à pas mal de sauces, toutes plus pimentées les unes que les autres : « Une comédienne particulièrement talentueuse dont le joli visage pur et angélique accentue l’effet de surprise permanente lorsqu’elle ose aller toujours plus loin dans ce qu’il convient en effet d’appeler le « trash ». » (Le Nouvel Obs)

Les auditeurs de France-Inter sont habitués. Constance y tient une rubrique qui, là encore, la place dans le peloton de tête des amuseurs des ondes. Avec un coup de provoc’ dont il ne faut plus lui parler (elle a quitté une émission de télé pour ça), la mise à nu de sa poitrine lors d’une chronique (filmée) visant dénoncer les Tartuffe « ces puritains moralisateurs qui nous disent qu’on est pervers avec notre peau qu’on aère alors qu’eux, ils ont juste un problème avec leur zizi. ».

Constance au Vinci de Tours
La rubrique dénudée de Constance, révélateur de la connerie misogyne. (Photo DR)

Elle y a gagné une lapidation électronique sur Facebook qui montre que tout le monde n’est pas capable, comme elle, de dire des choses intelligentes avec des mots bruts de fonderie. On s’en doutait un peu. Comme Le Monde le rappelle fort à propos : « Quand l’auteur dramatique Sébastien Thiéry s’était mis, en 2015, entièrement nu lors de la cérémonie des Molières, pour un sketch sur les intermittents du spectacle, on avait davantage crié au génie qu’au scandale. ». Comme quoi, on peut être con et misogyne à la fois, aurait dit Brel.

Constance sera sur la scène du Vinci à Tours avec Pot-pourri, son prochain spectacle. Compte-tenu des habitudes de la demoiselle, on peut supposer que la formule est à prendre au premier degré. Quand Le Monde parle d’un « humour polisson et subversif digne de Charlie Hebdo » on peut sans hésiter retenir la référence au journal. Mais pour la polissonnerie, on est plutôt dans l’euphémisme. Vous êtes prévenus.

Centre de congrès Vinci de Tours, le vendredi 26 mars 2021 à 20h30.
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…et pour réserver ailleurs en France, c’est LÀ