Bérengère Krief en tournée
Les maux pour le dire

Elle parle cru, elle raconte sa vie, elle a des peines de cœur et tacle les relous… Bérengère Krief parle franc et massif. Elle sera en tournée début 2021 et à l’Espace Malraux de Joué-lès-Tours le 27 janvier.

Bérengère Krief Amour à Tours
Bérengère Krief vise le coeur. (Photo DR)

Elle se balade entre Bridget Jones et Amy Schumer. Pour la première, c’est l’image qu’elle a accroché à sa jupe imprimée depuis ses débuts en one-woman-show. Un poil de ressemblance physique, une impérieuse tendance à raconter sa vie, la chasse impossible au mec idéal, un romantisme rose bonbon et nos confrères avaient déjà coché la case.

De l’autre (pour ceux qui ne connaissent pas, allez sur Netflix) elle a quelques rondeurs et un langage franc et massif, pour ne pas dire lourdingue (parfois). C’est la mode. On ne peut plus faire rire sans parler comme à un examen de permis de conduire pour charretier. Poli ou polissé, tu meurs. C’est comme ça. Pas sûr que les plus grands humoristes aient toujours pris leur vocabulaire dans L’argot pour les nuls, mais il faut faire avec.

Bérengère Krief Amour à Tours
Bérengère Krief, telle qu’en elle-même. (Photo DR Philippe Vacher)

Donc, Bérengère Krief raconte sa vie. Pour ses spectacles (après avoir connu le succès comme « plan cul » de Kyan Khojandi dans Bref sur Canal+), c’était tout simple. Elle était Girly  (son premier show grand public, même si le tout premier, plus discret, en 2009, s’appelait « Ma mère, mon chat et Docteur House »), se la jouant bonne copine un peu nunuche, fan de L’Amour est dans le pré et du Nutella, sourire inoxydable et féminisme taillé au canif.

Pas de quoi créer le gros enthousiasme mais sympa, comme son personnage : « Si Bérengère Krief a le sens de la comédie et de la gestuelle, ses textes, en revanche, s’avèrent bien souvent aussi légers que la durée de son spectacle » (Le Monde). Pas grave, elle a tout de même eu son public.

Il fera Beauvoir

L’Édition 2021 du personnage risque de dérouter les fidèles du premier tour. Assommée par une grosse rupture, passée par quelques apparitions sur grand écran (dont Brutus vs César de Kheiron et, plus récemment, Têtard, série diffusée sur Canal +.), Bérengère Krief a changé de ton : « La seule chose que j’ai changée, c’est de partir vraiment de moi » (Europe 1). En soi, rien de nouveau, mais c’est la manière d’aborder le sujet qui change, avec un peu de snobisme au passage : « J’ai vu cette phrase de Simone de Beauvoir accrochée au mur dans un cadre : « J’accepte la grande aventure d’être moi. » (Télérama) Waouh.

Bérengère Krief Amour à Tours
Un spectacle plus en nuances que les précédents. (Photo DR)

Si la formule fait peur, il semble que le résultat soit convaincant. On passe de la Kalachnikov au divan de psy : « Loin de son précédent spectacle, où elle s’affichait en nana culottée, en bonne copine qui donne la pêche, Bérengère Krief dévoile ses failles et ses faiblesses. » (Télérama). Confirmation de l’artiste : « J’ai voulu que ce soit un voyage avec beaucoup d’émotions, celles du cirque avec le cerceau aérien, les costumes, la musique, les lumières, la rupture, l’amour qui naît.  » (Télérama).

La Lyonnaise qui a toujours voulu faire du théâtre (elle a commencé à 9 ans) revient donc nous parler avec Amour. C’est le titre de son spectacle. Un titre tout simple mais une approche plus complexe, où le rire se mêle à l’émotion. La vie, quoi.

Espace Malraux de Joué-lès-Tours le mercredi 27 janvier 2021 à 20h30.
Pour réserver, c’est LÀ (ou ce sera LÀ…)