Du bois dont on fait les beaux spectacles. (Photo DR)
Ce fut salué “en” Avignon, ce sera applaudi à Vaugarni. On en est sûrs, cette Utopie des arbres plaira aux spectateurs le dimanche 20 septembre 2026. Et pas qu’un peu.
À un moment, il est perché dans un arbre, comme le baron cher à Italo Calvino. Il a treize ans. Plus tard, il balaiera la sciure que son métier de tourneur sur bois lui a fait répandre au sol. Et il en fera une œuvre, magique, magnifique, grâce à la mise en scène de Pierre Yanelli.
L’Utopie des arbresle prochain spectacle qui sera donné à la Grange-théâtre de Vaugarni, dont on se demande toujours comment elle peut recevoir autant de monde tant elle se cache au fond des bois de Pont-de-Ruan. Ce qui n’est pas un reproche, cela va sans dire. Et puis, en la circonstance, il y a une logique.
Cette utopie, à laquelle il faut croire, a été découverte au Festival d’Avignon il y a quelques années. Occasion pour les confrères de se laisser aller à un délire plumitif digne d’un catalogue de Jardiland : « Cette magique prestation m’a touché au plus profond de mon « hêtre », j’en « tremble » encore, devant tout ce que le « charme » de ce spectacle a suscité en moi comme réactions « en chêne » ! Bravo pour ce très beau « bouleau » ! » On ne dénoncera pas l’auteur…
Puisque nous ne l’avons pas encore vue – on a hâte – référons-nous à des gens sérieux pour apprécier à l’avance la chose. À commencer par Le Canard Enchaîné, dont les habitués savent que lorsqu’il qualifie d’épatant un spectacle, on peut courir réserver sa place.

D’autres ? ”Alexis Louis-Lucas convoque des éléments de langages propres au territoire bourguignon, des expressions imagées et immédiates, qui sont le reflet de la vie qui est menée, une vie simple et ordinaire, mais qui contient en elle les traces d’une autre vie qu’on ne s’explique pas, intense, passionnée, pleine d’une rage d’exister, même si on a toujours le sentiment d’être le cul entre les ronces… » (L’Écho des planche) Ou encore : « A la fois conteur, poète, philosophe, critique du monde actuel, le tourneur sur bois, joué par Alexis Louis-Lucas, emmène le public dans ses aventures, ses étonnements et souvenirs d’enfant. C’est émouvant, poétique, souvent très drôle et le public, à la fin de la pièce, a bien du mal, comme le gamin de 13 ans coincé en haut du grand sapin au fond du jardin, à redescendre sur terre… » (M.T. – L’Yonne Républicaine). Ça fait envie, non ? Pour les impatients, il y a un petit extrait ICI
Le chant des forêts
Alexis Louis-Lucas, donc, auteur et interprète, membre fondateur de la compagnie Taxi-brousse, installée dans la forêt bourguignonne, sait bien que « les arbres, on s’en fout », en tout cas si l’on n’est pas bûcheron. Ou poète, peut-être. Ou enfant, sûrement.
Alexis Louis-Lucas a été enfant, logique et, cinquante ans plus tard, tourneur sur bois, ce qui l’est moins. Entre-temps, il a croisé des « grincheux ». C’est comme ça qu’il appelle ceux qui fréquentent ou travaillent le bois. « Ces grincheux à la peau dure et aux mots rugueux sont les traducteurs initiés de ce que disent les arbres » dit la présentation du spectacle. Pas de panique, derrière la peau dure et les mots rugueux, les grincheux ont le cœur partageur, et leur parole s’inscrit dans la sciure : « Cette spirale, représentant l’infinité de l’arbre, reprend l’infinité de l’homme transmettant aux enfants bottés ses colères et ses espoirs. La persistance écologique de la planète dépend de cette transmission. » Il y a donc du sérieux dans cette Utopie des arbres ». Mais aussi de l’humour et, on l’a dit, beaucoup de poésie et un peu de musique, sans doute le chant des arbres, pour paraphraser un documentaire récent.
Si Macbeth, soit dit sans excès de pédantisme, craignait la forêt qui marche, il est fortement conseillé au public de ne pas craindre celle de Vaugarni qui parle.

À la Grange-théâtre de Vaugarni, à Pont-de-Ruan (Indre & Loire), le dimanche 20 septembre 2026 (16 heures)
Pour réserver, c’est au 02 47 73 24 24 (1)
Pour contacter Vaugarni, c’est LÀ (1)


